Les images en attente
Les images latentes
Homère,
Iliade, Chant XVIII,
(bouclier d’Achille) v. 481 à 608
« Le bouclier comprend cinq couches. Héphaïstos y crée un décor multiple, fruit de ses savants pensers. Il y figure la terre, le ciel et la mer, le soleil infatigable et la lune en son plein, ainsi que tous les astres dont le ciel se couronne, les Pléiades, les Hyades, la Force d’Orion, l’Ourse […]. Il y figure aussi deux cités humaines – deux belles cités. Dans l’une, ce sont des noces, des festins. […] Autour de l’autre ville campent deux armées, dont les guerriers brillent sous leurs armures […] Il y met aussi une jachère meuble, un champ fertile, étendu et exigeant trois façons. […] Il y met encore un domaine royal. Des ouvriers moissonnent, la faucille tranchante en main. […] Il y met encore un vignoble lourdement chargé de grappes, beau et tout en or […] Il y figure aussi tout un troupeau de vaches aux cornes hautes. […] L’illustre Boiteux y fait aussi un pacage, dans un beau vallon, un grand pacage à brebis blanches, avec étables, baraques couvertes et parcs. […] Il y met enfin la force puissante du fleuve Océan, à l’extrême bord du bouclier solide. ».
Cours 1. La performance de l'ekphrasis
Les nouveaux rapports texte-image dans l'IAG
Les références principales pour cette ouverture sur l'ekphrasis performative :
Austin John Langshaw, Quand dire, c’est faire, trad. Ambroise Bruno, coll. « Sciences humaines / L’Ordre philosophique », Seuil, Éditions du Seuil Paris, 2024, [consulté le 22 janvier 2026].
Bajohr Hannes, Marand Carla, « L’Ekphrasis opératoire: l’effondrement de la distinction texte/image dans l’intelligence artificielle multimodale », Nouvelle revue d’esthétique 33 (2024/1), Presses Universitaires de France, p. 25‑46.
Bolwin Charlotte, « Digital ekphrasis? » [en ligne], Studi di estetica (2024/30), disponible sur , [consulté le 19 janvier 2026].
Dion Damien, L’Ekphrasis à l’øeuvre: récits, fictions et descriptions en acte dans l’art contemporain, 2024.
Meyer Roland, « Le ‘réalisme de plateforme’. L’intelligence artificielle générative et l’essor du contenu visuel générique ».
Nancy Jean-Luc, « Ekphrasis », Études françaises 51 (2015/2), p. 25‑35.
Somaini Antonio, « Le visible et l’énonçable. L’IA et les nouveaux liens algorithmiques entre images et mots », Nouvelle revue d’esthétique 33 (2024/1), Presses Universitaires de France, p. 47‑58.
Estampa, Paintings (Décalcomanie, de René Magritte, 1966), 2017-2018.
Paglen Trevor, The treachery of object recognition, 2019.
Sol LeWitt, Wall Drawing #65, 1971.
Lines not short, not straight, crossing and touching, drawn at random, using four colors, uniformly dispersed with maximum density, covering the entire surface of the wall.
Joseph Kosuth, Five Words In Blue Neon, 1965.
Denis Diderot - Salon de 1761
Salons, Texte établi par J. Assézat et M. Tourneux, Garnier, 1876, X (p. 107-156).
« Louis-Michel Van Loo.
Le premier tableau qui m’ait arrêté est le Portrait du Roi[2]. Il est beau, bien peint, et on le dit très-ressemblant. Le peintre a placé le monarque debout, sur une estrade. Il passe. Il a la tête nue. Sa longue chevelure descend en boucles sur ses épaules. Il est vêtu du grand habit de cérémonie. Sa main droite est appuyée sur le bâton royal. Il tient, de la gauche, un chapeau chargé de plumes. Le manteau royal qui couvre sa poitrine et ses épaules, descendant entre le fond du tableau et ses jambes, qu’on voit depuis le milieu de la cuisse, achève de détacher ces parties de la toile, et celles-ci entraînent les autres. Seulement ce volume d’hermine qui bouffe tout autour du haut de la figure la rend un peu courte ; et cette espèce de vêtement lui donne moins la majesté d’un roi que la dignité d’un président au parlement. »
Art & Language, Secret painting, 1967-1968.